Ce vieux carnet Moleskine rouge traîne sur ma table de chevet depuis trois ans, sa première page toujours vierge sauf cette phrase à moitié griffonnée : « Pour le roman que j'écrirai un jour. » Hier soir, en rangeant mes livres, mes doigts ont frôlé sa couverture rêche et j'ai senti cette pointe familière, ce mélange de tendresse et de reproche qu'on réserve aux promesses qu'on se fait à soi-même. Je l'ai ouvert, j'ai daté la page d'aujourd'hui, et j'ai écrit un seul mot — « Chapitre » — avant d