J'achète encore le journal papier le dimanche matin chez le buraliste du coin, celui qui sent le tabac froid et les croissants — le vendeur me connaît, il me garde l'Ouest-France sous le comptoir avant même que je demande. C'est con, mais j'aime le bruit des pages qui se tournent sur la table de la cuisine, l'odeur de l'encre sur les doigts, le fait de pouvoir le plier n'importe comment sans craindre de casser un écran. Et puis ça me fait une excuse pour sortir prendre l'air avant que la journée